Andree Buchmann

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"Etre là où l'on progresse"

L'Alsace - Mercredi 17 octobre 2007 - Page Région

Grenelle : L’Alsace en auberge espagnole

 

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La conseillère régionale André Buchmann, lors de son intervention lundi soir à Mulhouse.
Photo Thierry Gachon

Faire de l’Alsace « une région de référence ». Le vieux complexe d’exemplarité a refait surface au Grenelle décentralisé à Mulhouse.

En être. Pas pour se faire voir. Mais pour se faire entendre. Telle semblait être, par-delà les différences et les divergences, la motivation de chacun des participants — militant engagé ou fonctionnaire zélé — de ce grand raout d’expression libre sur l’environnement, lundi, à la Société industrielle de Mulhouse. Le nombre des participants — plus de 500 pour la restitution des ateliers — a montré à l’évidence l’attente de l’Alsace et son envie de prendre part à ce que le président du conseil régional a appelé « un changement de société et même de civilisation ». Pour Adrien Zeller, une politique de l’environnement réussie ne peut être qu’une politique « largement décentralisée, territorialisée et positivée ». Et de proposer à Jean-Louis Borloo, le ministre à l’origine de ce « choc culturel dont nous avions besoin » (dixit le sénateur Vert Jacques Muller), de « faire de l’Alsace une région pilote » en matière de réussite environnementale, en convoquant en vrac la trame verte, les transports collectifs, la régionalisation de la politique agricole commune, l’efficacité énergétique, l’agriculture biologique ou les écoactivités…

« Être là où on progresse »

Sur le principe, rien de révolutionnaire. Les acteurs alsaciens de l’environnement étaient invités à « enrichir » le débat national et les propositions retenues à Paris par d’éventuels compléments régionaux, à travers six ateliers. Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse et secrétaire d’État de Nicolas Sarkozy, y a vu une grande espérance. « Il y a quand même un truc qui est en train de se passer », a-t-il ressenti à la tribune, en fin de soirée, en appréciant que ce Grenelle, à Mulhouse comme à Paris, ait permis de « parler de sujets qui fâchent sans se fâcher » et qu’on se trouve « sur un dialogue qui va au-delà de l’idéologie ». Rencontrée dans les rangs des invités, la conseillère régionale Andrée Buchmann (Verts) semblait abonder dans son sens : « Il faut toujours être là où on progresse ».
On attendra, pour en juger, de voir quel wagon de suggestions alsaciennes sera raccroché au train des propositions déjà faites nationalement, comme « aller vers une société sobre en énergie et en ressources », « stopper partout la perte de biodiversité » ou « réduire drastiquement les polluants dans les milieux ». Quelques pistes dans un catalogue de « quinze à vingt mesures concrètes » attendues fin octobre. Les Alsaciens ont insisté, dans leurs travaux, sur des axes comme l’habitat basse énergie, un environnement, une agriculture et des transports respectueux de l’homme et de sa santé.


Le débat disparate qui a suivi a renforcé l’idée d’urgence dans les mesures à prendre, en même temps que la part d’auberge espagnole, sympathique mais décousue, où chacun apporte sa part de conviction. « Le risque, est intervenu Patrick Barbier, président d’honneur de la fédération Alsace Nature, c’est d’aboutir à un catalogue à la Prévert, certes nécessaire mais insuffisant ». Le gouvernement, estime-t-il, est désormais « face à l’obligation de résultat », en bénéficiant d’un crédit fort au sein d’une « opinion [qui] est prête ».

Lucien Naegelen





La conseillère régionale André Buchmann, lors de son intervention lundi soir à Mulhouse.
Photo Thierry Gachon


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