
Andrée Buchmann dialogue avec la salle (Photo : DNA)
L'écologie s'invite à la maison
Près de 300 personnes, élus, bailleurs sociaux, promoteurs, architectes, représentants d'associations, étaient présentes vendredi à la cité de la Musique pour les premières Rencontres de l'habitat. Où le développement durable était un invité de marque.
Tous d'accord : Le développement durable dans l'habitat, ce sont des économies d'énergie, du pouvoir d'achat rendu.
C'est aussi un élément de sauvegarde de l'environnement, très consensuel donc. Cette nouvelle donne a un coût, celui de l'investissement du départ.
Quand la contrainte s'applique aux bailleurs sociaux, ces derniers sont coincés par leurs limites budgétaires. « Ce qu'on met dans le foncier, on ne le met pas dans le bâtiment », a rappelé Jean-Marc Eich, pour Habitation Moderne. Le président de la Communauté urbaine Jacques Bigot propose : « A la suite du Grenelle de l'environnement, des moyens pourraient être dégagés, par un effort sur la durée des prêts pour les bailleurs. »
Philippe Bies, vice-président de la CUS en charge du logement, poursuit : « Il faudrait définir entre professionnels et élus un prix de revient admissible pour le logement social durable. Ce référentiel pourrait devenir un nouveau point
d'entrée pour les financements. »
Prendre de la hauteur : Le développement durable, c'est la fin de l'extension de la ville par des lotissements de maisons individuelles. La densification est au programme. « On comprend l'aspiration des gens à une extension de leur logement vers l'extérieur », a souligné Andrée Buchmann, vice-présidente de la CUS en charge des questions d'environnement. « Peut-être faudra-t-il innover avec des terrasses et des cours urbaines. »
Peut-être aussi, des « acquis » du plan d'occupation des sols en vigueur sont-ils à revoir à l'aune du dérèglement climatique. « Du côté des Rives de l'Etoile, sur les fronts de Neudorf, on a gâché 30% de la capacité foncière parce qu'on n'a pas voulu de deux étages supplémentaires », estime un promoteur.
PLH et consorts : Jean-Mathieu Collard, président régional de l'Ordre des architectes, a fait valoir l'importance des outils de planification. « Le plan d'occupation des sols d'aujourd'hui est plus une règle urbaine qui prévient le contentieux qu'un projet pour fabriquer de la ville : le futur plan local d'urbanisme devra s'inscrire résolument dans une réflexion de projets. » Le PLH en pré-discussion ce vendredi s'articulera avec un SCOTERS déjà approuvé, un PLU à construire et le futur plan de déplacements urbains, autre outil de cadrage des politiques.
Accessibilité : Construire de la ville autrement nécessite qu'on se préoccupe de « coordonner l'urbanisation et l'extension du réseau des transports publics ». Le maire d'Eschau a été parmi les intervenants à considérer que sans liaison valable avec les zones d'attractivité culturelle ou les lieux de travail des habitants, une agglomération est condamnée à s'asphyxier.
Le tram-train, qui relierait, à l'horizon 2014, Strasbourg au Piémont des Vosges, fait partie des projets structurants en la matière. Jacques Bigot, pragmatique, ajoute que selon lui, la VLIO (voie de liaison intercommunale ouest) sera aussi un facilitateur d'urbanisation nouvelle.
MSK
Édition du Sam 12 juil. 2008
Blog
A l'occasion de [...]
Podcasts
Agenda
Enquêtes / Sondages