Andree Buchmann
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Solidarité planétaire :

Bilan du Sommet de la Terre de Johannesbourg
Projet de création d'un Institut universitaire d'écologie au Caire (2006-2007, lien vers le blog)



Bilan du Sommet de la Terre de Johannesbourg

 


Johannesbourg : pour une mobilisation des acteurs de la société

 


Le Sommet Mondial de Johannesbourg n’a pas permis de grandes avancées sur le fond par rapport à Rio et aux conférences qui ont suivi. Il a souvent fallu livrer bataille pour éviter des positions rétrogrades, comme par exemple sur la question de la santé des femmes ( où in-fine la notion de la primauté des droits humains a pu être introduite avant l’asujettisement des politiques de santé aux valeurs culturelles ou religieuses ) ou le combat gagné par les ONG pour éviter la subordination des accords environnementaux et sociaux à ceux de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Les grandes entreprises, quoique très présentes, ont joué une certaine discrétion, privilégiant l’observation , le dialogue et la volonté de mise en réseau et de partenariat, notamment avec les collectivités locales et les ONG. En effet, elles savent que les résultats escomptés de leur cour assidue aux collectivités locales, maîtres d’ouvrage pour des pans économiques très larges ( eau, assainissement, énergie…) peuvent se trouver réduits à néant à cause (ou grâce, selon le point de vue) de la combativité des associations. Il n’y a en effet pas d’obligation règlementaire pour les entreprises dont l’ engagement volontaire en faveur du développement durable doit être soumis à la vigilence des autres acteurs de la société.

Forte implication des collectivités locales


Parmi les enseignements positifs du Sommet la forte implication des collectivités locales du nord et du sud est à remarquer. Si de nombreux élus et responsables de France se sont rendus en ordre dispersé au Sommet, une résolution adressée au Gouvernement en faveur de la réalisation d’Agendas 21 a pu être élaborérée, et ils ont contribué à la Déclaration des Gouvernements locaux adressée à l’ONU.

A noter également la demande très forte de création d’espaces non anglophones de discussion, d’échange, de montage de projets, face à un univers onusien qui vit dans la langue du maître du monde, donc dans une philosophie américaine très libérale. Un espace francophone, revendiqué et porté par des Africains, des Québecois, des Asiatiques et des Sud américains est en cours de constitution, dont la France n’est pas forcément le centre. France qui ne semble saisir qu’insuffisamment l’importance des langues, quoi que le Président de la République ait animé une table ronde sur « diversité culturelle, diversité biologique », mais sans lui conférer le retentissement approprié.

Diversité culturelle, espace francophone, enjeux urbains et lutte contre la pauvreté


La question de la francophonie est particulièrement sensible. A côté de l’Agence de la Francophonie, très institutionnelle, les vélléités d’organisation de la société civile (autorités locales, ONG) sont regardées avec suspicion. De surcroît les Etats du Sud commencent à exprimer des positions critiques, notamment sur le manque de détermination de la France face à la question de la langue française. Ce qui déplaît souvent.

Favoriser la diversité culturelle et linguistique me semble un des défis majeurs pour les années à venir. Tout comme la nécessité de réintroduire dans le débat la problématique des enjeux urbains, de l’aménagement du territoire, de la prise en compte de l’environnement dans les politiques de l’habitat et du logement social. A la fois dans une stratégie de réduction de la production de gaz à effets de serre à travers un urbanisme économe, de promotion de la justice environnementale et de lutte contre la pauvreté.

Les ONG africaines ont commencé à se saisir de la question. A nous de monter des projets utiles et nécessaires au Sud, mais aussi dans le Nord, en dialogue et en partenariat avec les collectivités locales et les professionnels de la filière de la construction. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres. Nous avons beaucoup à apprendre du Sud, et c’est probablement le plus bel enseignement du Sommet.

Andrée Buchmann
Membre de la Délégation Française. Présidente d’Alsace Qualité Environnement



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> Bilinguisme et politique culturelle
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